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Fertilité 1/2 : Comprendre la fertilité masculine
Fertilité

Fertilité 1/2 : Comprendre la fertilité masculine

Comprendre les facteurs et leviers pour optimiser la fertilité masculine

Anaïs7 mai 20268 min de lecture

Ceci est la partie 1 de notre série en 2 volets sur la fertilité. La semaine prochaine, nous explorerons la fertilité féminine avec la même approche.

Lorsqu'un couple peine à concevoir, l'investigation se concentre souvent d'abord sur la femme. Pourtant, dans 50 % des cas d'infertilité, le facteur masculin est impliqué.

Et ce n'est pas marginal. Une méta-analyse publiée en 2022 et parue en 2023 a rapporté une baisse de 51,6 % de la concentration spermatique moyenne et de 62,3 % du nombre total de spermatozoïdes entre 1973 et 2018 chez les hommes non sélectionnés.

Il existe deux grandes familles de causes :

D'un côté, des causes médicales ou structurelles qui nécessitent une prise en charge spécialisée : varicocèle, dysfonction érectile, infections, obstructions des canaux déférents, anomalies génétiques, troubles auto-immuns, etc. Ces situations doivent être évaluées par un professionnel de santé qualifié (urologue, andrologue).

De l'autre, des facteurs modifiables liés au mode de vie et à l'environnement : équilibre hormonal, inflammation, stress oxydatif, carences nutritionnelles, exposition aux perturbateurs endocriniens.

C'est sur ces leviers actionnables que cet article se concentre. Car optimiser le terrain biologique est essentiel pour soutenir la fertilité.

Nous allons explorer ce qui altère la fertilité masculine, quels biomarqueurs permettent de l'évaluer, et quels changements concrets vous pouvez mettre en place dès aujourd'hui.

La bonne nouvelle ? Le sperme se renouvelle tous les 72 à 90 jours. Des changements aujourd'hui, des résultats mesurables en 3 mois.

Ce que l'on mesure : le spermogramme

Le spermogramme évalue plusieurs paramètres :

  • Volume de l'éjaculat : quantité de sperme libérée lors d'une éjaculation

  • Concentration : nombre de spermatozoïdes par mL

  • Mobilité : capacité à se déplacer efficacement

  • Vitalité : nombre de spermatozoïdes vivants

  • Morphologie : pourcentage de formes normales

Un spermogramme altéré ne signifie pas absence de marge d'amélioration. Cela signifie qu'il faut investiguer plus loin.

Les grands facteurs qui altèrent la fertilité masculine

1. Les déséquilibres hormonaux

La fertilité masculine dépend d'un équilibre hormonal précis :

  • FSH : soutient la spermatogenèse (élevée = possible défaillance testiculaire)

  • LH : stimule la production de testostérone

  • Testostérone (totale et libre) : essentielle à la spermatogenèse et à la libido

  • Estradiol : régule (en faible quantité) la maturation des spermatozoïdes. Si élevé : frein sur l'axe reproducteur

  • Prolactine : élevée = frein sur l'axe reproducteur

Un trouble de fertilité n'est pas qu'un problème mécanique. Il peut refléter un déséquilibre hormonal.

Biomarqueurs Lucis : Testostérone totale/libre, SHBG, FSH, LH, Prolactine, Estradiol.

2. La thyroïde

Une thyroïde perturbée, même subclinique, peut altérer la motilité spermatique, la concentration et l'équilibre hormonal global.

À explorer en présence de : fatigue chronique, variations de poids, troubles de l'humeur, baisse de libido, frilosité, peau sèche.

Biomarqueurs Lucis : TSH, T3 libre, T4 libre.

3. Le stress oxydatif

Les spermatozoïdes sont particulièrement vulnérables au stress oxydatif (excès de radicaux libres).

Conséquences : altération de la motilité, dommages aux membranes cellulaires, fragmentation de l'ADN spermatique, baisse de la qualité globale.

Sources : tabac (cigarettes, cannabis), alcool, pollution, alimentation pauvre en antioxydants, inflammation chronique, manque de sommeil, stress chronique, chaleur excessive.

Biomarqueurs Lucis : Cortisol (en excès chronique, inhibe l'axe reproducteur), Homocystéine (marqueur indirect de stress oxydatif et déficit B9/B12).

4. L'inflammation et le terrain métabolique

Les hommes avec faible nombre de spermatozoïdes présentent plus souvent un surpoids ou une obésité, une résistance à l'insuline, un syndrome métabolique, une inflammation de bas grade et des dyslipidémies. Le tissu adipeux produit des cytokines pro-inflammatoires et convertit la testostérone en estradiol.

Biomarqueurs Lucis : CRP haute sensibilité, Glycémie à jeun, HbA1c, Profil lipidique (cholestérol, LDL, HDL, triglycérides).

5. Les carences nutritionnelles

Le corps ne produit pas de spermatozoïdes de qualité sans matériaux suffisants.

Nutriments essentiels :

  • Zinc : spermatogenèse, structure ADN, mobilité

  • Sélénium : antioxydant, fonction thyroïdienne

  • Magnésium : régulation cortisol, métabolisme énergétique

  • Vitamine D : soutient la fonction reproductive, améliore mobilité et morphologie spermatique

  • Folate (B9) et B12 : division cellulaire, synthèse ADN

  • Oméga-3 (EPA/DHA) : membrane spermatique, réduction inflammation

Biomarqueurs Lucis : Vitamine D (25-OH), Zinc, Magnésium, Ferritine, Homocystéine.

6. L'environnement quotidien

Les perturbateurs endocriniens interfèrent avec le système hormonal en imitant, bloquant ou perturbant les hormones naturelles.

Principaux perturbateurs :

  • BPA (Bisphénol A) : plastiques alimentaires, canettes, tickets de caisse

  • Phtalates : cosmétiques, parfums synthétiques, emballages alimentaires, jouets en plastique souple

  • Certains pesticides

  • PFAS (Substances Per- et Polyfluoroalkylées) : poêles antiadhésives, emballages fast-food, textiles imperméables, certains cosmétiques

Autres expositions à considérer :

  • Expositions professionnelles (peintures, solvants, métaux lourds)

  • Chaleur excessive répétée (bains chauds, saunas, ordinateur sur les genoux, vêtements serrés, téléphone portable dans la poche avant)

Les données ne permettent pas toujours d'affirmer une causalité directe pour chaque molécule isolée. En revanche, elles justifient une réduction de la charge toxique globale en préconception.

Les leviers actionnables

Le sperme se renouvelle tous les 72 à 90 jours. Cela signifie qu'en agissant dès maintenant sur l'alimentation, le mode de vie et l'environnement, vous pouvez observer des améliorations mesurables de la qualité spermatique en 3 mois.

1. Alimentation

Favoriser :

  • Protéines de qualité : œufs bio, poissons gras, viande nourrie à l'herbe, volaille plein air

  • Légumes crucifères : brocoli, chou kale, choux de Bruxelles

  • Antioxydants : baies, agrumes, poivrons, épinards, tomates, grenade

  • Graisses saines : poissons gras, avocats, noix, graines, huile d'olive

  • Zinc : huîtres, graines de courge, œufs

  • Sélénium : noix du Brésil (1/jour)

Limiter ou éviter : les sucres raffinés, les aliments ultra-transformés, l'alcool.

2. Mode de vie : optimiser le terrain biologique

La qualité du sperme dépend aussi de votre mode de vie quotidien : sommeil, activité physique, gestion du stress et exposition à la chaleur influencent directement la spermatogenèse.

Éviter la chaleur excessive. Les testicules doivent rester 2 à 3 °C en dessous de la température corporelle pour produire des spermatozoïdes de qualité.

  • Pas de bains chauds ni saunas prolongés

  • Ordinateur pas sur les genoux

  • Éviter le téléphone portable dans la poche avant du pantalon/jean

  • Sous-vêtements amples

Exercice régulier et modéré. L'activité physique améliore la testostérone et la qualité spermatique. Le surentraînement (plus de 10h/semaine) a l'effet inverse.

Sommeil. La production de testostérone est optimisée par une bonne architecture du sommeil. Visez 7 à 9h/nuit et un rythme régulier de coucher et de réveil.

Tabac, cannabis, alcool. Le tabac génère un stress oxydatif qui endommage l'ADN spermatique. L'alcool réduit la testostérone.

  • Arrêt complet tabac et cannabis 3 mois avant conception

  • Alcool : max 1 à 2 verres par semaine

Gestion du stress. Le cortisol chroniquement élevé diminue la testostérone et réduit la spermatogenèse. Essayez d'inclure des techniques de gestion du stress qui vous correspondent comme la méditation, la respiration consciente, le yoga ou la marche en nature.

3. Réduire les perturbateurs endocriniens

Il est impossible d'éliminer complètement l'exposition aux perturbateurs endocriniens. En revanche, réduire la charge toxique globale peut avoir un impact significatif sur la fertilité. Quelques gestes simples, répétés au quotidien, permettent de limiter cette exposition.

Cuisine. Les contenants alimentaires et la manière dont on chauffe ou conserve les aliments influencent directement votre exposition.

  • Remplacer les contenants en plastique par du verre ou de l'inox

  • Ne jamais chauffer ni passer au micro-ondes des aliments dans du plastique

  • Privilégier les aliments bio, surtout pour les fruits et légumes les plus traités

  • Laver soigneusement tous les fruits et légumes

Salle de bain. Les cosmétiques et produits d'hygiène sont absorbés par la peau et peuvent contenir des perturbateurs endocriniens.

  • Choisir des cosmétiques sans parabènes, phtalates, parfums synthétiques

  • Lire les étiquettes : éviter les mentions "fragrance" ou "parfum" (sources de phtalates)

Maison. L'air intérieur et les objets du quotidien peuvent concentrer des polluants.

  • Filtrer l'eau du robinet (carafe ou filtre sur robinet)

  • Éviter les poêles et ustensiles antiadhésifs (opter pour inox, fonte, céramique)

  • Aérer quotidiennement (10 à 15 min, même en hiver)

  • Passer l'aspirateur régulièrement (les perturbateurs s'accumulent dans la poussière)

Conclusion

La fertilité masculine dépend de multiples facteurs : hormones, nutrition, inflammation, stress oxydatif, toxines, mode de vie.

La bonne nouvelle : la plupart sont modifiables. Le sperme se renouvelle en 90 jours. Des changements concrets aujourd'hui, des résultats mesurables en 3 mois.

Chez Lucis, nous analysons plus de 40 biomarqueurs liés à la fertilité masculine : hormones sexuelles, thyroïde, inflammation, métabolisme, micronutriments. Parce qu'optimiser la fertilité commence par comprendre son terrain biologique.

Références

Les informations fournies dans cet article sont à visée éducative uniquement et ne se substituent pas à un avis médical, un diagnostic ou un traitement. Consultez un professionnel de santé qualifié pour un suivi personnalisé.

  1. Levine H, Jørgensen N, Martino-Andrade A, et al. Temporal trends in sperm count: a systematic review and meta-regression analysis of samples collected globally in the 20th and 21st centuries. Human Reproduction Update. 2023;29(2):157-176.

  2. Schlegel PN, Sigman M, Collura B, et al. Diagnosis and treatment of infertility in men: AUA/ASRM guideline. American Urological Association / American Society for Reproductive Medicine. Updated 2024.

  3. Anelli V, Gatta E, Pirola I, Delbarba A, Rotondi M, Cappelli C. Thyroid impairment and male fertility: a narrative review of literature. The Aging Male. 2024;27(1).

  4. Hussain T, Kandeel M, Metwally E, et al. Unraveling the harmful effect of oxidative stress on male fertility: a mechanistic insight. Frontiers in Endocrinology. 2023;14:1070692.

  5. Durairajanayagam D. Lifestyle causes of male infertility. Arab Journal of Urology. 2018;16(1):10-20.

  6. Nargund VH. Effects of psychological stress on male fertility. Nature Reviews Urology. 2015;12(7):373-382.

  7. Lateef OM, Akintubosun MO. Sleep and reproductive health. Journal of Circadian Rhythms. 2020;18(1):1.

  8. Yan TF, Qi JJ, Li LX, Li F. The association between serum vitamin D levels and male fertility: a systematic review and meta-analysis. Andrologia. 2023;2023:9002938.

  9. Skakkebaek NE, Lindahl-Jacobsen R, Levine H, et al. Environmental factors in declining human fertility. Nature Reviews Endocrinology. 2022;18(3):139-157.

  10. Rattan S, Flaws JA. The epigenetic impacts of endocrine disruptors on female and male reproduction. Endocrinology. 2019;160(6):1420-1435.

Fertilité7 mai 2026

Écrit par Anaïs

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